Deux associations disent « on a besoin d'un site » et ne parlent pas du même objet. L'une veut une page qui dit qui elle est et comment la joindre ; l'autre a trois cents pages en deux langues, un agenda, un annuaire et un espace réservé aux membres. Entre les deux, le travail n'est pas dix fois plus long : il change de nature. Ce guide décrit six niveaux de site, ce que chacun demande en journées, en équipe et en responsabilités, et il dit lesquels entrent dans l'échelle Kern4Good et lesquels n'y entrent pas.
En bref
- Le niveau d'un site compte plus que son nombre de pages : journées = contenus x gabarits x fonctions x responsabilités
- Quatre niveaux tiennent dans l'échelle Kern4Good : la page unique, le site de 5 à 10 pages, le site de contenu, le site à fort contenu
- Deux niveaux en sortent, toujours sur devis : la plateforme et l'espace privé
- Un espace privé, ce sont des comptes et des données personnelles : RGPD, sécurité, maintenance récurrente, et une responsabilité de l'association égale à la nôtre
- Kern4Good est fait pour les associations qui ont besoin d'un site normal ; un site à centaines de pages avec plusieurs équipes est un projet d'agence
Pourquoi le niveau compte plus que le nombre de pages
Le prix d'un site, ce sont des journées de travail, et ces journées ne dépendent pas d'abord du nombre de pages. Elles dépendent de quatre choses qui se multiplient : la quantité de contenus à écrire, reprendre ou traduire ; le nombre de gabarits différents à dessiner et à construire ; les fonctions qui font quelque chose (un formulaire, un agenda, un paiement, un compte) ; et les responsabilités que le site crée, surtout dès qu'il touche à des données de personnes. Cent pages sur trois gabarits, c'est un travail de contenu. Dix pages avec un espace membres, c'est un projet de sécurité. C'est pour cette raison que l'échelle Kern4Good est décrite par niveaux, pas par nombre de pages.
Niveau 1 : la page unique
Une page qui dit qui vous êtes, ce que vous faites, où et comment vous joindre, avec un formulaire de contact. Elle sert une association qui se lance, un projet ponctuel, une antenne locale. Elle demande des textes courts et justes, quelques photos vraies, un design cadré. Elle n'a pas d'éditeur : les modifications passent par nous, à la demande. Dans l'échelle : le site de lancement à 1 200 EUR, trois journées de travail.
Niveau 2 : le site de 5 à 10 pages
Une page par sujet : mission, actions, équipe, partenaires, contact, parfois une page par activité. Le visiteur trouve une réponse en un clic. Ce niveau demande un plan de pages tenu, un design qui décline plusieurs gabarits, un formulaire, et une décision : qui publie ? Si personne ne publiera chaque semaine, un site statique suffit et coûte moins à entretenir (2 400 EUR, six journées, mises à jour à la demande). Si votre équipe publiera elle-même, le petit site administrable (4 000 EUR, Wagtail, dix journées) donne un éditeur et une formation.
Niveau 3 : le site de contenu
Le site qui vit : des actualités, un agenda, des pages qui s'ajoutent au fil des projets, un blog ou une lettre d'information. Il demande un éditeur solide, des gabarits pensés pour la répétition (une actualité, un événement, un projet), une formation des référents et, surtout, une personne qui publie. C'est le petit site administrable à 4 000 EUR quand l'association vient seule ; c'est aussi le site de la cohorte partenaire Source Hub quand cinq associations se réunissent : cinq pages et un blog, reprise des contenus existants, formation, hébergement douze mois, au tarif réduit de la cohorte.
Niveau 4 : le site à fort contenu
Plusieurs dizaines de pages, deux ou trois langues, un contenu existant à reprendre, des modules (agenda, annuaire simple, adhésion, bouton de don), plusieurs personnes qui écrivent et valident. C'est le site complet de l'échelle, à 8 000 EUR pour vingt journées, le site Business d'agence ; au-delà de vingt journées, c'est un devis. Ce qui change à ce niveau, et qui explique les journées :
- L'inventaire des adresses : chaque page de l'ancien site a une adresse connue de Google et de vos partenaires ; il faut les lister avant de commencer
- Les redirections : chaque ancienne adresse renvoie vers la nouvelle page, sinon le référencement acquis se perd ; Google décrit la procédure dans son guide des déplacements de site
- La période de transition : quelques semaines pendant lesquelles on surveille la Search Console, les pages non indexées, les liens cassés
- Les langues : traduire n'est pas dupliquer ; chaque langue est un site à tenir, avec ses adresses et ses balises
- La validation : plus il y a de personnes qui relisent, plus il faut de tours, et les tours sont des journées
Ce niveau reste dans l'échelle tant qu'il s'agit d'une association qui a besoin d'un site normal : un contenu qui se compte en dizaines de pages, une équipe de référents, des langues qui se comptent sur une main.
Niveau 5 : la plateforme
Un site devient une plateforme quand sa valeur est dans ce qu'il fait, pas dans ce qu'il dit : un annuaire riche avec recherche et fiches, une cartographie, un module de dons ou d'inscription avec paiement, un espace d'apprentissage en ligne, des connexions à d'autres outils (CRM, comptabilité, agenda partagé). Chaque fonction se conçoit, se développe, se teste et se maintient. Une plateforme n'entre pas dans l'échelle : c'est un projet d'agence, cadré et chiffré à part, avec un budget de maintenance annuel. Nous le disons au premier échange, pas au devis.
Niveau 6 : l'espace privé
Membres, bénévoles, partenaires, un extranet, un intranet : dès qu'une partie du site demande un identifiant et un mot de passe, le site change de catégorie, quelle que soit sa taille. Il ne montre plus seulement des informations, il garde des données de personnes. Trois choses s'ajoutent, et aucune n'est optionnelle :
Le RGPD
Les données des membres sont des données personnelles. L'association est responsable du traitement, KERN-IT ou tout autre prestataire est son sous-traitant, et cette relation se décrit dans un contrat (article 28 du RGPD). Il faut tenir le registre des traitements, informer les personnes, répondre à leurs demandes d'accès et de suppression, et, en cas de violation (un accès non autorisé, une fuite), la notifier à l'Autorité de protection des données dans les 72 heures (article 33), avec les formulaires que l'Autorité publie.
La sécurité
Un espace privé est une porte, et une porte s'attaque. Il faut des mises à jour de sécurité appliquées vite, une double authentification, des mots de passe robustes, des journaux d'accès, des sauvegardes testées, et des tests réguliers contre les failles connues, que l'OWASP recense dans son Top Ten. Ce travail ne s'arrête jamais : c'est une maintenance récurrente, chiffrée, pas un poste du devis initial.
La responsabilité partagée
C'est le point que les devis oublient. Avec un espace privé, vous devenez responsable tout autant que nous : de ce que vous collectez, de qui a accès, des comptes qu'on n'a pas fermés, du bénévole qui partage son mot de passe. Nous construisons et nous maintenons ; vous décidez, vous informez, vous répondez aux personnes. Ça se dit avant de commencer, et ça s'écrit. Pour cette raison, l'espace privé est toujours hors échelle, sur devis, avec la maintenance récurrente chiffrée et les responsabilités posées noir sur blanc. Un site public de dix pages avec un espace membres coûte plus qu'un site public de cinquante pages sans.
Le cas du gros site
Une fondation, une fédération, un réseau européen : des centaines de pages, plusieurs équipes ou plusieurs pays qui valident, un référencement construit sur dix ans, des partenaires qui pointent vers des adresses précises. Ce site n'entre pas dans l'échelle Kern4Good, et ce n'est pas une question de budget. C'est une question de risque et de responsabilités : une migration à ce volume se prépare comme un déménagement, page par page, avec une gouvernance, des validations en série, des formations d'équipes, et une période de transition où chaque erreur coûte des visites. Kern4Good est fait pour les associations qui ont besoin d'un site normal. Un projet de cette taille est un projet d'agence, chez KERN-IT au tarif d'agence ou ailleurs, et nous le disons au premier échange.
Comment se situer
Six questions suffisent pour trouver votre niveau, et pour que le premier échange soit utile :
- Combien de pages, et en combien de langues, faut-il tenir dans un an ?
- Qui publie, et à quel rythme ?
- Combien de personnes valident avant une mise en ligne ?
- Quelles fonctions font quelque chose : formulaire, agenda, paiement, recherche, compte ?
- Quelles données de personnes le site garde-t-il ?
- Quel référencement existe déjà, et quelles adresses les partenaires utilisent-ils ?
La page Tarifs reprend ces critères dans « Pour qui est cette échelle ». Le guide Refaire le site de son association donne l'ordre des étapes, et le guide Référencer le site de son association explique ce qui se fait une fois et ce qui se fait tous les mois. Le glossaire définit l'espace privé et lamigration de site.
Sources
Pages consultées le 19 septembre 2026. Les taux, plafonds et pourcentages changent : vérifiez la date de mise à jour de chaque page avant de bâtir un budget dessus.